Certification QUALIBAT 1552
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Commençons par les chiffres, qui sont publics et vérifiables. Le secteur du bâtiment génère environ 46 millions de tonnes de déchets par an en France. En 2024, 10,7 millions de tonnes ont été prises en charge pour valorisation, mais seulement 29 000 tonnes ont réellement été réemployées. Rapporté au gisement, le taux de réemploi reste inférieur à 0,2 %, très loin de l’objectif de 2 % qui avait été fixé. Le SEDDRe, syndicat des entreprises de la déconstruction, du désamiantage et du recyclage, le formule sans détour : « les ambitions reculent ».
Une clarification utile, car les termes sont souvent confondus. Le réemploi consiste à réutiliser un produit pour le même usage, sans le transformer (une porte redevient une porte). Le recyclage transforme la matière pour en refaire un produit (un béton concassé devient un granulat). La valorisation est l’ensemble le plus large, qui inclut aussi la valorisation énergétique. C’est bien le réemploi — le plus vertueux, car il évite la transformation — qui reste aujourd’hui marginal.
Il serait malhonnête de les minimiser. Les freins sont d’abord techniques et logistiques : déposer un élément sans l’abîmer, le stocker, le transporter, puis trouver un chantier preneur au bon moment. Ils sont ensuite économiques et assurantiels : réemployer un matériau suppose d’en garantir la performance et la conformité, ce qui reste complexe dans le cadre actuel. Ces obstacles expliquent l’écart persistant entre l’ambition affichée et les volumes réels.
Le point important, et documenté, est que les progrès viennent surtout de l’organisation des chantiers, pas de la seule bonne volonté. Or cette organisation se décide en amont lors des études préalables à l’APS* ou l’AVP*, puis en phase travaux, au moment du curage. Trois leviers sont déterminants :
On réduit trop souvent le curage à une opération technique consistant à « vider » un bâtiment. C’est une vision incomplète. Le curage est en réalité le moment où se décide le potentiel de réemploi d’une opération : un bâtiment curé à la hâte, c’est un gisement qui part en mélange à la benne ; un bâtiment curé avec méthode, c’est une ressource préservée et des déchets évités. C’est le métier que nous exerçons chez Isolea, et notre position est factuelle : en traitant la dépose sélective et le tri comme des objectifs de chantier — et non comme des options — on transforme un poste de coût en performance environnementale mesurable.
Ce qu’il faut retenir
Sources : Techniques de l’Ingénieur, « Dans le bâtiment, le réemploi progresse surtout par l’organisation des chantiers » (24/04/2026) ; ConstructionBTP, « Réemploi des matériaux : les ambitions reculent, alerte le SEDDRe » (21/05/2026).
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